Les fantômes du recrutement : ces candidats qui disparaissent sans donner de nouvelles

Les fantômes du recrutement : ces candidats qui disparaissent sans donner de nouvelles

Avec l’Halloween qui approche, j’avais envie d’aborder avec un peu d’humour une situation que nous vivons régulièrement dans le recrutement en construction : ces candidats qui disparaissent soudainement, sans laisser de nouvelles.

Évidemment, je ne parle pas d’une personne qui prend quelques heures pour retourner un appel. Au contraire, je parle de ces situations où nous avons eu plusieurs échanges avec un candidat, où tout semblait avancer dans la bonne direction et où, du jour au lendemain, plus rien!

Après plus de 20 ans dans le domaine, croyez-moi, j’en ai rencontré quelques-uns, de ces petits fantômes!

Quand un recrutement prometteur tourne au film de suspense

Imaginez la situation. D’abord, vous échangez avec un candidat qui souhaite changer d’emploi. Vous prenez donc le temps de discuter de son expérience, de ses attentes salariales, de son territoire, des projets qui l’intéressent et, surtout, de ce qu’il ne souhaite plus retrouver chez son prochain employeur.

Ensuite, vous apprenez à le connaître. Vous comprenez ses motivations et vous établissez une relation de confiance.

Puis, une belle occasion se présente. Et pas n’importe laquelle! Une opportunité qui correspond réellement à ce qu’il recherchait.

Naturellement, vous l’appelez pour lui en parler. Il est enthousiaste et souhaite aller plus loin. Avec son accord, vous présentez alors sa candidature à l’employeur.

Bonne nouvelle! L’entreprise apprécie son profil et souhaite rapidement le rencontrer.

Jusqu’ici, tout va bien. Pourtant, au moment d’organiser l’entrevue, notre candidat commence tranquillement à se faire rare.

D’abord, un appel sans réponse. Ensuite, un deuxième. Puis, un petit texto. Enfin, un courriel.

Bien sûr, on se dit qu’il travaille probablement sur un chantier, qu’il participe à une réunion ou qu’il traverse simplement une grosse journée.

Alors, on réessaie un peu plus tard. Mais toujours rien!

Et là, une question commence à nous hanter : « Mais où est-il donc passé? »

En construction, être occupé, c’est normal. Disparaître, c’est autre chose!

Dans le recrutement en construction au Québec, je comprends parfaitement que les professionnels ne puissent pas toujours répondre immédiatement.

Par exemple, un surintendant ne sortira pas nécessairement son téléphone pendant une réunion de chantier. De son côté, un chargé de projet peut passer sa journée entre les urgences, les rencontres et les appels.

De la même façon, une adjointe administrative peut avoir une journée complètement débordante. Quant à l’estimateur, il doit parfois terminer une soumission importante avant une échéance serrée.

Bref, je ne m’attends absolument pas à ce qu’un candidat soit disponible 24 heures sur 24. Ce serait irréaliste!

En revanche, lorsqu’un processus de recrutement est déjà en cours et que plusieurs jours passent sans aucune nouvelle, la situation devient plus compliquée.

Et pour cause : un recrutement ne concerne jamais uniquement le candidat et le recruteur.

Un candidat fantôme, plusieurs personnes dans l’attente

Pendant que nous tentons de joindre le candidat, l’employeur attend lui aussi une réponse. Après tout, il a peut-être réservé du temps pour une entrevue ou réorganisé son horaire.

Alors, naturellement, les questions arrivent :

  • « Est-ce qu’il est toujours intéressé? »
  • « Est-ce qu’il peut venir nous rencontrer jeudi? »
  • « Est-ce qu’il a réfléchi à notre proposition? »

De notre côté, nous voulons donner une réponse juste et professionnelle. Cependant, nous ne pouvons pas parler à la place du candidat.

Par conséquent, nous attendons, nous rappelons et nous envoyons un autre message.

Finalement, après plusieurs tentatives, nous devons parfois conclure que la personne ne souhaite probablement plus poursuivre.

Malheureusement, ce silence ralentit le processus de recrutement en construction et complique inutilement les démarches de chacun.

Changer d’idée pendant un recrutement? Aucun problème!

Ce que j’aimerais surtout que les candidats comprennent, c’est qu’ils ont parfaitement le droit de changer d’idée.

Par exemple, vous étiez intéressé lundi, mais après réflexion, vous préférez rester chez votre employeur actuel? Aucun problème!

Ou encore, votre employeur vient de vous faire une contre-offre intéressante? Dites-le-moi!

Peut-être avez-vous reçu une autre proposition qui correspond davantage à vos attentes? Dans ce cas, je serai la première à vous féliciter.

De la même façon, vous avez discuté avec votre conjoint ou votre conjointe et vous réalisez que la distance ne fonctionnera finalement pas? Je comprends parfaitement.

Enfin, vous avez rencontré l’entreprise, mais vous n’avez simplement pas eu le petit déclic espéré? C’est correct aussi!

Après tout, mon travail n’est pas de convaincre quelqu’un d’accepter un emploi qu’il ne veut pas.

Au contraire, mon rôle consiste à créer une rencontre professionnelle entre une entreprise et une personne qui pourraient réellement être heureuses de travailler ensemble.

Et pour y arriver, j’ai besoin d’une chose toute simple : une communication honnête.

Un simple message peut faire toute la différence

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, vous n’avez pas besoin de préparer une longue explication pour mettre fin à une démarche.

En fait, quelques mots suffisent :

« Finalement, je préfère ne pas poursuivre le processus. Merci pour ton temps et pour l’opportunité. »

Et voilà! C’est aussi simple que ça.

Ainsi, je sais exactement où nous en sommes. Je peux donc aviser mon client correctement et poursuivre mes démarches sans faire attendre inutilement personne.

Mais surtout, cette transparence permet de garder la porte ouverte pour l’avenir.

Le milieu de la construction au Québec est plus petit qu’on pense

Il y a un autre élément qu’on oublie parfois : malgré son importance, le marché de la construction au Québec demeure un milieu où les parcours professionnels se recroisent régulièrement.

Par exemple, les employés changent d’entreprise. Les chargés de projet deviennent directeurs. Les directeurs deviennent vice-présidents. Et parfois, les candidats d’aujourd’hui deviennent les clients de demain.

Quant aux recruteurs, ils ont souvent une excellente mémoire!

Attention, pas question ici de tenir une liste noire. Ce n’est absolument pas ma façon de travailler.

Simplement, une relation professionnelle se construit avec le temps, la confiance et le respect.

Alors, lorsqu’un candidat m’appelle pour me dire franchement : « Je suis désolé, j’ai changé d’idée », je respecte entièrement sa décision.

Au contraire, je vais probablement lui répondre : « Aucun problème! Merci de m’avoir avisée. »

Et quelques mois plus tard, si une nouvelle occasion correspond à son profil, je pourrai très bien le rappeler.

Pourquoi? Parce qu’il aura été transparent avec moi et que notre relation professionnelle sera demeurée positive.

Pourquoi certains candidats préfèrent-ils disparaître?

Cela dit, je crois aussi qu’il faut regarder l’autre côté de la médaille.

En effet, certains candidats hésitent à annoncer leur décision parce qu’ils ont peur de décevoir, de fermer une porte ou de devoir justifier longuement leur choix.

Parfois, ils craignent même qu’un recruteur insiste pour les faire changer d’idée.

Alors, plutôt que d’avoir une conversation inconfortable, ils choisissent simplement de ne plus répondre.

Bien entendu, ce n’est pas la meilleure solution. Cependant, cette réaction nous rappelle également notre responsabilité comme professionnels du recrutement.

Nous devons créer un climat de confiance dans lequel chaque candidat peut exprimer librement ses attentes, ses hésitations et ses décisions.

Personnellement, je préfère mille fois recevoir une réponse négative aujourd’hui plutôt que de voir un candidat accepter un poste par obligation et quitter quelques semaines plus tard.

Après tout, un bon recrutement en construction doit être positif pour les deux parties : l’entreprise doit trouver la bonne personne et le candidat doit trouver un environnement dans lequel il aura réellement envie de travailler.

Chers fantômes du recrutement, donnez-nous un petit signe de vie!

Alors, à tous les petits fantômes du recrutement qui se reconnaissent peut-être dans cet article, j’aimerais simplement vous rappeler ceci :

  • Vous avez le droit de changer d’idée.
  • Vous avez le droit de dire non.
  • Vous avez le droit d’accepter une autre offre.
  • Vous avez aussi le droit de décider qu’une opportunité ne vous convient finalement plus.

Mais, de grâce, donnez-nous simplement un petit signe de vie!

Comme ça, nous éviterons de nous demander si vous avez quitté le marché du travail… ou si vous avez réellement disparu dans la brume d’Halloween!

Plus sérieusement, dans le recrutement comme dans toute relation professionnelle, la communication et le respect font toute la différence.

Et rappelez-vous : une réponse négative vaudra toujours mieux qu’aucune réponse.

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