Les réflexes de sécurité que chaque travailleur devrait adopter avant l’arrivée du froid et pourquoi.

Travailleur en construction inspectant un escalier couvert de givre sur un chantier québécois aux premières gelées d’automne.

Les réflexes de sécurité que chaque travailleur devrait adopter avant l’arrivée du froid et pourquoi

Au Québec, on connaît l’hiver. Pourtant, même si le froid revient chaque année, les premières gelées réussissent encore à nous surprendre un peu!

Sur un chantier de construction, le passage de l’automne à l’hiver demande donc plus que de sortir les manteaux chauds. En effet, les conditions changent rapidement, tout comme les risques qui accompagnent certaines tâches.

Par exemple, une passerelle sécuritaire la veille peut devenir glacée pendant la nuit. De plus, la noirceur arrive plus tôt, tandis que le froid peut réduire l’agilité des mains.

C’est pourquoi il faut adapter nos habitudes avant les premières journées vraiment froides. Voici donc sept réflexes à adopter, ainsi que les raisons concrètes de les intégrer à votre quotidien.

1. Observer les accès dès les premières gelées

D’abord, prenez quelques instants pour regarder les endroits où vous allez circuler. Portez notamment attention aux marches, aux passerelles, aux pentes et aux zones à l’ombre.

Ensuite, repérez les accumulations d’eau, les feuilles humides et les surfaces qui présentent du givre. Si vous constatez un danger, signalez-le afin que la personne responsable organise les correctifs nécessaires.

Pourquoi adopter ce réflexe?

Parce qu’il ne faut pas attendre une bordée de neige pour rencontrer une surface glissante. En effet, une baisse de température pendant la nuit peut transformer une flaque en plaque de glace.

De plus, une fine couche de gel peut passer inaperçue au premier regard. Ainsi, observer les accès avant de s’engager permet de repérer un risque avant qu’une chute survienne.

2. Vérifier ses vêtements et ses équipements avant le froid

Ensuite, préparez votre équipement avant la première grosse baisse de température. Pour commencer, vérifiez l’état de vos bottes, de vos gants et de vos vêtements de travail.

De plus, privilégiez plusieurs couches adaptées à la météo et à votre niveau d’activité. Enfin, prévoyez des vêtements secs de rechange lorsque les conditions le demandent.

Toutefois, assurez-vous que votre habillement permet toujours l’utilisation appropriée des équipements de protection. Par exemple, les couches supplémentaires ne doivent pas nuire à l’ajustement du casque ou du harnais.

Pourquoi adopter ce réflexe?

Parce que des vêtements humides ou mal adaptés compliquent la protection contre le froid. De plus, un habillement trop encombrant peut limiter les mouvements et rendre certaines manipulations plus difficiles.

À l’inverse, un équipement adapté permet de mieux concilier chaleur, mobilité et protection. Ainsi, vous préparez votre journée avant que l’inconfort vous oblige à improviser.

3. Vérifier l’éclairage des passages et des espaces de travail

Lorsque les journées raccourcissent, vérifiez la visibilité avant de commencer une tâche. Portez notamment attention aux escaliers, aux accès et aux endroits où circulent les travailleurs.

De même, observez les zones d’ombre et les sources d’éblouissement. Si vous ne voyez pas suffisamment bien pour travailler de façon sécuritaire, avisez la personne responsable avant de poursuivre.

Pourquoi adopter ce réflexe?

Parce qu’un passage bien éclairé naturellement pendant l’été peut devenir sombre à l’automne. Par conséquent, un obstacle, une marche ou une plaque de glace peut devenir plus difficile à repérer.

De plus, une mauvaise visibilité complique l’évaluation des distances et les déplacements. Ainsi, un éclairage adapté aide à mieux observer l’environnement et à anticiper les dangers.

4. Réévaluer son trajet au lieu de se fier à l’habitude

Même si vous connaissez le chantier, regardez votre parcours avec un œil neuf chaque jour. Avant de transporter du matériel, vérifiez donc que le passage demeure dégagé et praticable.

Par ailleurs, portez attention aux livraisons, aux matériaux et aux équipements qui changent de place. De même, adaptez votre trajet lorsque les conditions du sol se détériorent.

Pourquoi adopter ce réflexe?

Parce qu’un chantier évolue constamment, même lorsque votre tâche reste la même. En effet, la pluie, le gel et les déplacements de matériaux peuvent modifier un accès en quelques heures.

De plus, l’habitude peut nous amener à moins observer les lieux. C’est pourquoi la question « est-ce encore sécuritaire aujourd’hui? » vaut mieux que la présomption « c’était correct hier ».

5. Respecter les périodes de réchauffement et éviter les raccourcis

Avec le froid, respectez les méthodes de travail et les mesures de prévention prévues. De plus, suivez les périodes de réchauffement que l’employeur organise selon les tâches et les conditions.

Si vous avez du mal à manipuler un outil ou à effectuer un mouvement, communiquez-le sans attendre. De même, avisez votre responsable et demandez l’aide du secouriste en présence d’engourdissements, de frissons persistants ou d’un malaise.

Enfin, gardez un œil sur vos collègues et signalez rapidement toute situation préoccupante.

Pourquoi adopter ce réflexe?

Parce que le froid peut diminuer la dextérité et rendre certaines tâches plus difficiles. Par ailleurs, l’envie de retourner au chaud peut pousser à accélérer ou à sauter une étape.

Pourtant, ces raccourcis ajoutent des risques au moment où les conditions demandent davantage d’attention. Ainsi, respecter les mesures prévues et communiquer rapidement les difficultés aide l’équipe à intervenir avant que la situation s’aggrave.

6. Inspecter les outils et les équipements avant leur utilisation

Avant chaque tâche, effectuez les vérifications prévues et respectez les consignes du fabricant. De plus, assurez-vous que l’équipement convient aux conditions dans lesquelles vous comptez l’utiliser.

Si vous remarquez un fonctionnement inhabituel, interrompez l’utilisation et signalez le problème. Ensuite, demandez une vérification à la personne compétente avant de reprendre le travail.

Enfin, restez vigilant lorsque le chantier utilise des appareils à combustion dans un espace fermé, partiellement fermé ou mal ventilé.

Pourquoi adopter ce réflexe?

Parce que le froid peut modifier les conditions d’utilisation de certains outils et équipements. Par conséquent, un appareil qui fonctionnait bien cet été ne convient pas nécessairement à toutes les conditions hivernales.

De plus, l’utilisation d’appareils à combustion dans un espace insuffisamment ventilé présente un risque d’intoxication au monoxyde de carbone. C’est pourquoi il faut respecter les mesures prévues pour leur installation, leur utilisation et la ventilation des lieux.

7. Signaler les dangers sans attendre l’intervention d’un collègue ou d’un supérieur.

Enfin, signalez rapidement les situations qui demandent une intervention. Par exemple, avisez la personne responsable lorsqu’un accès devient glissant, qu’un passage manque d’éclairage ou que de l’eau risque de geler.

De même, précisez l’emplacement du danger pour faciliter les correctifs. Toutefois, évitez d’improviser une réparation ou une intervention qui dépasse vos responsabilités et vos compétences.

Pourquoi adopter ce réflexe?

Parce que penser « quelqu’un va sûrement s’en occuper » peut laisser un danger sans suivi. En effet, lorsque chaque personne attend l’intervention d’une autre, personne ne transmet nécessairement l’information.

Au contraire, un signalement clair permet à la personne responsable d’organiser les correctifs. Ainsi, vous contribuez à protéger le prochain collègue qui empruntera le même passage.

Avant le froid, prendre quelques minutes avec son équipe

Avant que l’hiver s’installe, prenez donc un moment pour revoir les conditions du chantier. Pour guider cette discussion, reprenez les principaux points :

  • D’abord, repérez les accès où l’eau pourrait s’accumuler et geler.
  • Ensuite, vérifiez l’éclairage des passages et des espaces de travail.
  • De plus, préparez les vêtements et les équipements adaptés aux tâches.
  • Puis, rappelez les mesures de prévention et les périodes de réchauffement prévues.
  • Enfin, assurez-vous que chacun sait à qui signaler un danger.

Bien entendu, l’employeur doit mettre en place les mesures nécessaires pour assurer des conditions de travail sécuritaires. De leur côté, les travailleurs doivent appliquer ces mesures et communiquer les dangers qu’ils observent.

Ainsi, les réflexes individuels soutiennent l’organisation de la prévention sur le chantier. Après tout, connaître l’hiver québécois ne signifie pas qu’il faut banaliser ses risques.

Cet hiver, prenons soin de nous et gardons aussi un œil sur nos collègues. Parce que la prévention commence bien avant la première bordée!

Pour approfondir les mesures de prévention, consultez la ressource

Travail au froid de la CNESST
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