Les erreurs de planification qui retardent les chantiers avant l’hiver

Travailleur de la construction consultant des plans sur un chantier québécois à l’approche de l’hiver afin de planifier les travaux et respecter les échéanciers.

Les erreurs de planification qui retardent les chantiers avant l’hiver

L’automne arrive et, dans le domaine de la construction au Québec, cette période de l’année peut rapidement devenir une véritable course contre la montre.

En effet, les journées raccourcissent, les températures commencent à descendre et certains travaux deviennent plus complexes à réaliser. Pendant ce temps, les échéanciers continuent d’avancer, les sous-traitants doivent coordonner leurs interventions et les équipes tentent de terminer certaines étapes importantes avant l’arrivée du froid.

Évidemment, personne ne peut tout prévoir. Un problème découvert en ouvrant un mur, une livraison retardée, une mauvaise météo ou encore un imprévu technique peuvent complètement changer le déroulement d’une semaine.

Cependant, plusieurs retards peuvent être évités grâce à une meilleure planification. De plus, à l’approche de l’hiver, quelques décisions prises au bon moment peuvent faire une énorme différence.

Voici donc 7 erreurs de planification qui peuvent ralentir un chantier avant l’hiver.

1. Attendre trop longtemps avant de commander certains matériaux

Un échéancier peut être parfaitement planifié sur papier… jusqu’au moment où un matériau essentiel devient impossible à obtenir dans les délais prévus.

Par exemple, les fenêtres, les portes, les équipements mécaniques, les composantes électriques ainsi que certains matériaux spécialisés peuvent nécessiter plusieurs semaines de délai. Par conséquent, avant l’hiver, une livraison retardée peut rapidement avoir un effet domino sur plusieurs corps de métier.

Ainsi, mieux vaut anticiper les besoins et valider les délais réels auprès des fournisseurs le plus tôt possible. De cette façon, l’équipe peut ajuster son échéancier avant qu’un problème d’approvisionnement commence à ralentir le chantier.

2. Planifier chaque étape sans prévoir de marge pour les imprévus

Un échéancier où tout doit fonctionner parfaitement pour respecter la date finale demeure un échéancier fragile.

Après tout, les imprévus font partie de la réalité en construction. La météo peut changer, un sous-traitant peut prendre du retard, une inspection peut demander une correction ou encore une condition existante peut différer de ce qui était prévu aux plans.

Voilà pourquoi prévoir une certaine marge de manœuvre ne signifie pas être pessimiste. Au contraire, c’est simplement être réaliste.

En prévoyant un peu de flexibilité dès le départ, les équipes peuvent donc absorber certains imprévus sans nécessairement compromettre l’ensemble de l’échéancier.

3. Sous-estimer l’impact de la météo

En septembre, une belle journée peut facilement donner l’impression que l’hiver est encore loin. Pourtant, au Québec, nous savons à quelle vitesse les conditions peuvent changer.

Notamment, les travaux extérieurs, l’excavation, le bétonnage, la toiture et l’enveloppe du bâtiment peuvent tous être directement influencés par la température. De plus, le vent, la pluie, le gel et les premières accumulations de neige peuvent compliquer certaines opérations.

Par conséquent, lorsque c’est possible, mieux vaut prioriser les travaux les plus vulnérables aux conditions hivernales. Ainsi, la météo risque moins de commencer à dicter elle-même l’échéancier du chantier.

4. Ne pas suffisamment coordonner les sous-traitants

Un chantier fonctionne un peu comme une chaîne. Lorsqu’un intervenant prend du retard, celui qui devait arriver après lui peut être incapable de commencer son travail.

De plus, lorsque les horaires des sous-traitants sont déjà bien remplis, déplacer une intervention de deux jours ne signifie pas nécessairement qu’ils pourront revenir deux jours plus tard. Au contraire, ce petit décalage peut parfois devenir une semaine de retard, voire davantage.

C’est pourquoi une communication constante entre le chargé de projet, le surintendant, les sous-traitants et les fournisseurs devient essentielle. Plus chacun connaît les priorités et les changements rapidement, plus il devient facile d’ajuster la séquence des travaux.

5. Repousser les décisions importantes

Une question technique reste sans réponse. Une modification attend toujours une approbation. Un choix de matériaux n’est pas encore confirmé.

Alors, on se dit : « On va régler ça la semaine prochaine. »

Malheureusement, pendant ce temps, certaines étapes du chantier peuvent rester en attente. Par conséquent, une petite décision retardée au mauvais moment peut finir par créer un problème beaucoup plus important quelques semaines plus tard.

Plus l’hiver approche, plus la rapidité des communications et des prises de décision devient donc importante. Dès qu’une décision influence directement l’échéancier, mieux vaut identifier rapidement la personne responsable et établir une date limite claire.

6. Planifier le projet sans suffisamment planifier la main-d’œuvre

On peut avoir les matériaux, les équipements et un excellent échéancier. Cependant, encore faut-il avoir les bonnes personnes disponibles au bon moment.

Par exemple, un surintendant déjà responsable de plusieurs projets, un chargé de projet débordé ou une équipe trop petite pour absorber une augmentation de la charge de travail peuvent rapidement devenir des enjeux importants.

Voilà pourquoi la planification d’un chantier devrait toujours inclure une question essentielle :

Avons-nous réellement les ressources humaines nécessaires pour respecter cet échéancier?

Si la réponse est non, mieux vaut commencer les démarches rapidement. En effet, attendre que le chantier soit déjà en retard pour amorcer un processus de recrutement en construction risque d’ajouter encore plus de pression sur les équipes en place.

À l’inverse, anticiper ses besoins en main-d’œuvre permet de rechercher un surintendant, un chargé de projet, un contremaître ou un autre professionnel avant que le manque de ressources devienne urgent.

7. Ne pas communiquer les changements assez rapidement

Un changement peut parfois sembler mineur. Toutefois, pour la personne qui doit intervenir trois étapes plus tard, cette modification peut complètement changer sa planification.

En construction, l’information doit donc circuler efficacement : entre le bureau et le chantier, entre le chargé de projet et le surintendant, mais également entre les professionnels, les fournisseurs et les sous-traitants.

Ainsi, plus les informations importantes sont transmises rapidement, plus les équipes peuvent s’adapter avant que le problème prenne de l’ampleur.

De plus, une communication claire permet à chacun de comprendre les nouvelles priorités et, surtout, d’éviter les mauvaises surprises au moment d’exécuter les travaux.

Anticiper les besoins en recrutement avant que le chantier ralentisse

La planification ne concerne pas uniquement les matériaux, les fournisseurs ou les sous-traitants. Elle concerne également les ressources humaines.

En effet, lorsqu’un gestionnaire commence à constater une surcharge de travail, un manque de supervision ou des difficultés à respecter certains échéanciers, il vaut mieux intervenir rapidement.

Dans ce contexte, prévoir ses besoins de recrutement en construction plusieurs semaines à l’avance peut aider à éviter qu’un manque de personnel devienne un obstacle supplémentaire à l’approche de l’hiver.

De plus, commencer les démarches tôt permet généralement de prendre le temps de trouver une personne qui possède réellement l’expérience et les compétences recherchées, plutôt que de devoir recruter dans l’urgence.

Avant l’hiver, quelques questions peuvent faire toute la différence

Un chantier bien planifié n’est pas un chantier où il n’arrive jamais rien. Soyons réalistes : ce chantier n’existe probablement pas!

C’est plutôt un chantier où les équipes tentent d’anticiper les problèmes, où les responsabilités demeurent claires et où tout le monde communique suffisamment pour réagir rapidement lorsqu’un imprévu survient.

À l’approche de l’hiver, cette préparation devient encore plus importante. Prenez donc quelques minutes avec votre équipe pour regarder les prochaines semaines et posez-vous les bonnes questions :

  • Quels travaux doivent absolument être terminés avant le froid?
  • Quels matériaux pourraient devenir problématiques?
  • Quels sous-traitants doivent être confirmés?
  • Quelles décisions sont encore en attente?
  • Avons-nous suffisamment de ressources pour respecter notre échéancier?

Finalement, quelques heures de planification aujourd’hui peuvent parfois éviter plusieurs jours de retard demain.

Parce qu’en construction, surtout avant l’hiver, le meilleur problème demeure celui qu’on réussit à prévoir avant qu’il arrive.

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